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Avec énergie, volonté, justice, solidarité et enthousiasme, agissons ensemble pour Confolens demain.
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Charentelibre.com
Le LARZAC en Charente Limousine (Suite du feuilleton)
Ils avaient du soutien dans la salle des pas perdus du tribunal d'Angoulême. Les 3 occupants de la ferme du Chêne à Ansac ont au moins acquis l'agrément de la population d'Ansac. Depuis le 7 juin, ils ont pris leurs quartiers dans cette propriété appartenant à Edisit. La société a un projet de centre d'enfouissement. Pour l'instant bloqué par le plan d'occupation des sols de la commune. Hier, Edisit a demandé, en référé, au tribunal d'Angoulême, d'ordonner l'expulsion de squatteurs.
Dans la salle d'audience, Stéphane Lagarde, le directeur d'Edisit en Charente semblait bien seul, entouré de son avocate et du président de la société de chasse titulaire d'un bail pour taquiner le gibier sur le terrain. En face, des membres de la confédération paysanne, des voisins et des opposants au projet étaient en rang serré pour tenter de légitimer la présence de ces cinq jeunes agriculteurs.
Entre fermeté et apaisement, le juge des référés a choisi, dans cette affaire de l'occupation de la ferme d'Ansac-sur-Vienne, la seconde solution. Par son ordonnance, il donne raison à la société Edisit, propriétaire de la ferme, et à ses locataires, une association de chasseurs. La décision impose à Virginie Filleul, Laurent Fouquet et Hervé Legrand, qui ont pris possession des lieux il y a douze jours, de quitter la ferme d'ici huit jours (jeudi prochain) sous peine d'une expulsion, «avec le concours de la force publique si besoin est» précise l'ordonnance déposée au greffe.
À compter de cette date, les trois agriculteurs devront payer une astreinte provisoire de 300 euros par jour de retard. Leur demande d'autorisation de procéder aux récoltes des parcelles qu'ils ont déjà ensemencées a, par ailleurs, été rejetée.
Une procédure complexe
Depuis le début du conflit, les jeunes fermiers et leur avocate, Me Courtin, mettent en avant l'article L125-1 du code rural qui permet d'occuper des terres agricoles non exploitées depuis plus de trois ans. L'ordonnance d'hier précise que cet article impose une procédure administrative complexe que les occupants n'ont pas respectée. A savoir prévenir en tout premier lieu le préfet qui se charge ensuite d'avertir le président du conseil général, lui-même devant reconnaître l'état d'inculture des terres.
«C'est une décision très satisfaisante. La justice reconnaît le droit essentiel de la propriété. Et elle respecte la partie adverse puisqu'elle lui accorde un délai de huit jours», s'est réjouie Me Robin-Roques, avocate d'Edisit et des chasseurs. Qui n'a cependant pas vu ses demandes acceptées: elle réclamait une expulsion sous une heure et une astreinte de 1.000 euros par jour.
Venus au tribunal accompagnés de quelques collègues fermiers, les trois occupants ont pris la décision avec calme. «C'est un peu décevant. Plein de choses n'ont pas été prises en compte, en particulier le projet mené par Edisit d'installation d'un centre d'enfouissement de déchets», a réagi Laurent Fouquet. Lui et ses «néo-colocataires» ont décidé de rester pendant les huit jours. «De toute façon, nous allons en discuter, nous avons une semaine pour nous décider», poursuit-il. Et après? «On ne sait pas encore. Nous ne sommes pas très riches, mais ce n'est pas une question d'argent. C'est une question de conviction et de respect des gens et de la terre.»
La réaction des occupants de la ferme du Chêne à Ansac-sur-Vienne ne s'est pas fait attendre. Jeudi soir s'est tenue une réunion publique qui a regroupé une cinquantaine de personnes. Et c'est hier en fin d'après-midi que la décision a été prise: non seulement Virginie Filleul, Laurent Fouquet et Hervé Legrand resteront au-delà des huit jours autorisés par la loi (voir CL d'hier), mais ils appellent à «une mobilisation massive pacifiste du site» à partir du 25 juin. Ils ont également prévu la création d'un comité de soutien dans les jours à venir. Pascal Laurent, porte-parole de la section charentaise de la Confédération paysanne, soutient la démarche: «Ce sont des gens qui veulent travailler et qui s'engagent à respecter les usages locaux. Il semble naturel que des terres agricoles non exploitées servent pour l'agriculture.» A titre personnel, il ne garantit pas sa présence assidue sur le site: «Ce n'est pas évident. Je suis producteur ovin, et mes exploitations demandent beaucoup de travail en ce moment. J'apporte mon soutien moral, et le comité départemental soutiendra les acteurs dans la mesure du possible.»
«C'est l'été. Ça peut devenir un grand terrain de camping ici.» Le ton est donné. La réflexion émane d'un adhérent de la Confédération paysanne. Hier encore, comme ce militant, ils ont été plusieurs dizaines à soutenir les trois occupants de la ferme du Chêne à Ansac (1), alors que le délai accordé par la justice pour qu'ils quittent les lieux expire ce soir jeudi (lire CL du 20 juin).
Virginie Filleul, Laurent Fouquet et Hervé Legrand sont clairs: pas question de partir. Depuis quelques jours ils ont annoncé la couleur, appelant à une occupation massive et pacifiste des lieux. Hier, à l'occasion d'une conférence de presse sur place qui a bien moins mobilisé qu'il y a deux semaines, ils en ont précisé les contours, annonçant avoir fait appel de la décision de justice. D'ores et déjà, ils ont prévu d'organiser, les 18, 19 et 20 juillet prochain, un festival de théâtre et de musique. Des troupes ont déjà été contactées. Différentes animations autour des activités agricoles de la ferme devraient s'ajouter au programme, de même qu'une restauration. Bio, bien sûr.
Des points «incompréhensibles»
Ce festival a vocation à être un moment marquant de l'occupation du site. Les trois occupants, déjà rejoints par des amis, attendent beaucoup de la journée de vendredi et de l'arrivée d'autres sympathisants. Déjà, les soutiens locaux se sont renforcés. C'est le cas de la Confédération paysanne, à leurs côtés depuis le départ. Pascal Laurent, son porte-parole en Charente, a annoncé que le mouvement allait recevoir le soutien des instances régionales et nationales de l'organisation.
Les occupants ont aussi multiplié les mails, les courriers et les appels en direction du monde politique. En plus des maires du secteur qui soutiennent l'occupation de ces terres agricoles, les occupants ont affirmé hier devant leur public avoir reçu le soutien du député Jérôme Lambert. Ils ont réaffirmé à la fois leurs valeurs et ont justifié leur action, soulevant plusieurs points «incompréhensibles», estiment-ils, du dossier. Alors qu'Edisit affirme avoir cessé depuis quatre ans de travailler sur un projet de centre d'enfouissement à cet endroit, «pourquoi ne pas laisser les gens faire de l'agriculture dessus», s'interrogent-ils notamment. «On n'est pas là pour squatter. Ce qu'on veut, c'est travailler, gagner notre vie, ne pas dépendre d'aides de l'Etat», ont-ils répété.
Tous trois ont déjà débuté leurs activités agricoles: production de blé pour un boulanger bio, de plantes aromatiques et médicinales, production de fromages de chèvre, élevage de poules pondeuses. Ils ont annoncé hier qu'un apiculteur allait se joindre à eux. Un maraîcher et un éleveur de brebis allaitantes seraient sur les rangs. Une trentaine d'hectares, sur les soixante-cinq du domaine, sont déjà utilisés.
Les sympathisants concrétiseront leur participation à l'occupation pacifique en les aidant à remettre en valeur le lieu, et en état les bâtiments. Le projet d'une ferme pédagogique a aussi été évoqué, de même que la création d'une association pour soutenir les projets qui verraient le jour sur la ferme, qu'ils soient agricoles, culturels ou concernant les méthodes alternatives pour le traitement des déchets. «Il y a beaucoup de gens qui comprennent ce qu'on fait, qui sont d'accord avec ce qu'on fait. Plus on sera nombreux, mieux ça sera. Vendredi matin, les CRS peuvent être là», n'a pas oublié Virginie Filleul.
Une extrémité à laquelle ne voudrait pas arriver Pascal Laurent. Le porte-parole de la Confédération paysanne a appelé à l'organisation d'une table ronde avec tous les acteurs. «Il faut qu'on en parle avant que les choses s'enveniment», estime-t-il. Il pourrait y avoir urgence.
UN «COMMANDO ÉCOLO» INVESTIT ANSAC-SUR-VIENNE
Des agriculteurs ont pris possession de la ferme du Chêne à Ansac-sur-Vienne. Un lieu où Edisit a un projet de centre d'enfouissement
Il y a déjà les chevaux de trait, un âne, une vingtaine de chèvres. Le chien ne devrait pas tarder, de même que la poule et ses poussins. Sur le côté de la maison, le roncier a cédé la place à un potager et le puits a maintenant de quoi respirer. Dans les champs alentour, la terre est fraîchement retournée.
«Samedi, il y avait cinq tracteurs ici.» Le sourire aux lèvres, les nouveaux occupants «sauvages» de la ferme du Chêne à Ansac-sur-Vienne et de ses cinquante-cinq hectares, sont contents de leur coup. Hier encore, le tracteur d'un agriculteur voisin tournait. Cette fois pour semer du tournesol bio, sur 3 ou 4 hectares supplémentaires. Une façon de montrer à la presse, aux voisins, aux amis, aux élus et aux militants réunis hier sur place que leur volonté de s'enraciner est réelle.
Virginie Filleul et son compagnon Laurent Fouquet, Hervé Legrand sont tous trois de jeunes agriculteurs en quête de terres à exploiter. «C'est tout de même dommage que des terres agricoles restent en friche, ne soient pas exploitées depuis six ans, alors que nous, nous n'arrivons pas à nous installer», souligne Virginie Filleul qui n'a pas oublié de faire référence au code rural. «C'est vraiment la disponibilité des terres qui nous a fait venir», affirme-t-elle. Même si personne n'est dupe. Leur occupation est un bon moyen de s'opposer au projet de centre d'enfouissement de déchets industriels banals de la société Edisit. Un projet toujours en cours d'instruction pour lequel une décision devrait intervenir en septembre prochain, après un nouveau délai accordé par le préfet. En attendant, Edisit a loué les lieux à une association de chasse de Haute-Vienne.
Des cultures bio contre une décharge
«On préfère voir ici des agriculteurs qui vont labourer la terre, qui vont faire vivre des gens, qu'une décharge», s'enthousiasme Gérard Petit, président de Cigale (Comité d'informations des générations à venir libres de leur environnement).
Dès qu'il a été informé de l'action du «commando écolo», il est venu leur apporter son soutien. Même réaction du côté des agriculteurs du coin venus en force aider à l'installation. Et tous ne font pas forcément partie de la Confédération paysanne.
L'organisation agricole, toujours au premier rang des luttes pour la défense des agriculteurs, était bien présente, le plus officiellement possible, aux côtés des «occupants» qui se sont baptisés «La tribu des pas fous en Confolentais». Au premier rang de la Confédération, la vieille garde des grands combats: Yves Manguy, André Puygrenier...
Dans cet élan, les élus n'étaient pas en reste. Maires, adjoints ou conseillers municipaux de Confolens, d'Ambernac, d'Ansac, de Hiesse, de Lessac, d'Alloue étaient là. Même l'association voisine Rapasse (Rassemblement des amis de la protection en amont du Son, de la Sonnette et de son environnement) de Saint-Laurent-de-Céris, ravie d'être venue à bout d'un autre projet de centre d'enfouissement sur sa commune, avait fait le déplacement. «On a devant nous des gens volontaires, avec un projet qui demande peu de moyens. Ils sont prêts à payer un loyer, ils acceptent le bail de chasse… On a tout de suite été séduits par le projet», affirme Pascal Laurent, porte-parole de la Confédération paysanne.
Un projet original qui, l'affirment les trois agriculteurs, ne nécessiterait qu'une dizaine d'hectares. «On lance d'ailleurs un appel. Si d'autres veulent nous rejoindre, il y a de la place pour quatre ou cinq exploitations», estiment Virginie Filleul et Laurent Fouquet. Leur projet à eux est bio, avec utilisation de chevaux de trait, de vente à la ferme, au panier… Un paysan boulanger du sud Vienne est intéressé par le blé bio qui pourrait être produit ici et dont il a besoin pour faire son pain. «On n'arrive pas à produire tout le blé dont on a besoin», explique Daniel Julien de Linazay.
Virginie Filleul et son compagnon avaient trouvé, en avril dernier, un hectare cultivable à Alloue. «Ce n'est pas viable.» Hervé Legrand, éleveur de chèvres poitevines, n'avait qu'une solution de repli près de Melle. «Notre projet agricole dérange certains organismes agricoles. On ne veut pas demander les aides de l'Etat. Du coup, on n'est pas prioritaires dans l'achat de terres», poursuit Virginie Filleul.
Edisit fait grise mine
Du côté d'Edisit, on fait plutôt grise mine. «Des gens sont venus chez nous, ont cultivé les terres, ont changé les serrures, se sont installés… On est dans un état de droit, on est allé à la gendarmerie, on a porté plainte», explique Stéphane Lagarde d'Edisit. Il a rencontré hier matin les occupants du Chêne.
«On va laisser ça à la justice», se contente-t-il d'ajouter. «L'entretien s'est bien passé», confirme Virginie Filleul. Ce ne fut pas le cas semble-t-il avec l'association de chasse qui loue les lieux à Edisit. La rencontre de la veille avait été, elle, plutôt tendue. Hier d'ailleurs, la gendarmerie de Confolens veillait, en cas de nouvelle confrontation, pour prévenir tout dérapage.
Dans la foule, des personnes venues soutenir la cause, Guy Moynard avait le sourire. Cet agriculteur d'Ansac avait apporté ses chevaux, pour faire nombre. Il avait exploité le Chêne durant cinq ans, avant d'en être expulsé il y a trois ans. «Je suis solidaire», lance-t-il, comme une revanche.
LE CONFOLENTAIS DRESSE UN MUR D'EAU CONTRE LES DÉCHARGES
Une étude précise sur l'état de l'eau dans le Confolentais est dévoilée ce soir à Ansac. Un rapport qui peut se révéler être un bouclier contre les projets de décharges
Défenseur de l'eau et opposant acharné aux projets de décharges sur sa commune, Serge Boudesseul est à l'origine de ce référentiel sur l'eau
C'est à la suite des conclusions d'un rapport hydrologique que le projet de décharge à Saint-Laurent-de-Céris a été abandonné, en mars dernier. Autant dire que la réunion sur la qualité de l'eau dans le Confolentais, organisée ce soir à la salle du temps libre d'Ansac, pourrait revêtir une importance quasi capitale, alors que deux projets sont toujours dans les cartons, sur la commune. Un groupe d'agriculteurs vient d'ailleurs de prendre possession des lieux pour s'y opposer à leur manière.
Serge Boudesseul, le nouveau maire de la commune et vice-président du syndicat d'eau potable du Confolentais, se refuse publiquement à lier le problème de l'eau et celui des décharges. Du moins pas directement. «Cette étude était dans les tuyaux, affirme-t-il, bien avant que n'intervienne la décision d'abandonner tout projet de décharge à Saint-Laurent- de-Céris. On voulait un référentiel sur la qualité des eaux. Comme ça, si un jour on avait un problème, on aurait un point de départ. Et on voulait que ça soit fait par des services qui ont les compétences.» Cette étude couvre l'ensemble du Confolentais puisque onze prélèvements différents ont été faits sur cinq communes du secteur: Ambernac, Alloue, Confolens, Hiesse, et bien sûr Ansac. «Il y a de l'eau partout, ici. Et si un jour elle est polluée, comment fait-on ?» s'interroge ce militant de l'environnement, opposé à tout projet de centre d'enfouissement.
Des sites de prélèvements stratégiques
Financée à parts égales par le conseil général et la communauté de communes du Confolentais, cette étude a été réalisée par le laboratoire départemental. Coût de l'opération, environ 16.000 euros.
A l'origine, Serge Boudesseul s'est appuyé sur les avis de deux experts: Michel Benest, un docteur en géologie de Benest, a apporté bénévolement ses connaissances. L'autre expert est le spécialiste en hydrogéologie du conseil général, Patrick Feytis. Ils ont notamment pointé les points de prélèvements. «Ce sont eux qui nous ont dit que, s'il y avait un jour une pollution, au Chêne et à Bois-Lascaud (les deux sites retenus pour d'éventuelles décharges NDLR), elle apparaîtrait à ces endroits», poursuit Serge Boudesseul. Lui-même n'a pas les résultats officiels. Il les découvrira ce soir. Mais il sait déjà qu'ils sont bons.
Ce qui le conforte dans l'idée qu'il faut tout faire pour préserver cette ressource. «Ça serait dommage de saccager ces deux endroits, où on est sûr qu'il y a de l'eau. La raréfaction de l'eau dans notre secteur n'est pas encore un souci majeur, mais il y a des endroits, pas loin d'ici, où c'est le cas», martèle l'élu d'Ansac. «Si on veut une ressource en eau de qualité, et en quantité suffisante, c'est aujourd'hui qu'il faut s'en préoccuper.»
Une préoccupation qui dépasse de loin sa propre commune. Et même cette étude sur le Confolentais. Depuis trois ans, Serge Boudesseul est membre titulaire du Syndicat de gestion et d'aménagement des eaux (Sage) du bassin de la Vienne. Un organisme qui regroupe trois régions, six départements et pas moins de 310 communes, dont vingt-trois de Charente. Le Sage devrait se saisir de cette étude.
«Tous les problèmes d'environnement m'intéressent», poursuit Serge Boudesseul. «L'eau, pour les générations qui suivent, sera un problème bien plus important que les ressources en pétrole pour nous. L'eau, on ne pourra jamais s'en passer.»
L'enquête sur l'eau lancée par le ministre Jean-Louis Borloo, les différentes alertes sur l'environnement sont autant d'éléments qui confortent Serge Boudesseul dans sa démarche. Il se refuse à ne voir dans cette étude qu'un bouclier anti-décharge. Il est certain en revanche qu'elle constitue un des éléments déterminants d'une solide armure.
Philippe ANDRÉOULIS Charente libre du 11.06.2008
Service minimum dans les écoles: l'UMP appelle ses élus à se mobiliser
L'UMP a appelé dimanche ses élus locaux à "soutenir la mise en place du service minimum d'accueil lors de la grève du 15 mai dans le primaire" dans leurs collectivités, comme l'a demandé samedi le ministre de l'Education Xavier Darcos.
Le parti présidentiel souligne que les élèves "auront déjà eu beaucoup de jours fériés et de ponts, il est dans leur intérêt de ne pas subir une journée de plus loin de l'école" et que les parents, face aux problèmes de garde "ne peuvent être pénalisés une journée de plus", dans un communiqué signé d'un de ses porte-parole, Frédéric Lefebvre.
Une première expérimentation de ce système, qui consiste à rémunérer des agents municipaux pour qu'ils gardent les enfants les jours de grève, grâce aux retenues sur salaires des grévistes, avait été réalisée lors de la précédente journée de grève unitaire le 24 janvier.
De nombreuses mairies dirigées par la majorité avaient alors mis en place des systèmes d'accueil, tandis que nombre de municipalités de gauche avaient refusé, estimant que cela reviendrait à mobiliser leurs fonctionnaires municipaux contre un mouvement de fonctionnaires nationaux.
Initialement prévu pour entrer en vigueur à la rentrée 2008, le SMA avait finalement été expérimenté dès janvier 2008 dans des écoles primaires d'environ 2.000 communes selon le ministère.
Xavier Darcos a annoncé samedi, devant les parents d'élèves réunis au congrès de la Peep, vouloir poursuivre l'expérimentation du service minimum d'accueil le 15 mai, jour de grève des enseignants, une décision vivement critiquée par les syndicats du primaire.
Que va t'il se passer dans les écoles de Confolens ce jeudi 15 mai 2008?

Le préfet refuse « la pression des pancartes »
Le conseil départemental de l'Éducation nationale n'a pas pu se tenir hier après-midi
Un comité d'accueil attendait de pied ferme le préfet de la Charente François Burdeyron, à l'IUFM d'Angoulême. Le représentant de l'État devait y présider le Conseil départemental de l'Éducation nationale (CDEN). Le comité en question était composé d'une douzaine, tout au plus, de représentants des syndicats enseignants, des parents d'élèves et du Collectif services publics de la Charente.
« Si vous ne sortez pas? » Un accueil pas du tout, mais alors pas du tout, au goût du préfet. Celui-ci, après avoir salué d'un jovial « bonjour » les membres du CDEN et les « manifestants », est allé prendre place, aux côtés de Jean-Pierre Denieul, représentant Michel Boutant. Sans même ouvrir ses dossiers, il s'est adressé à la salle : « Je ne préside pas une réunion sous la pression des pancartes ! ». « Je demande aux personnes qui ne sont pas membres du conseil de sortir. Si vous ne sortez pas, le CDEN ne se tiendra pas ». Une tentative de prise de parole avortée par le préfet, quelques regards échangés parmi les manifestants. François Burdeyron a tenté de les rassurer. « La Charente est le département de l'académie dont le taux d'encadrement est le plus élevé », a-t-il dit avant de lancer un ultimatum. « Je vous donne une minute ». Pas une personne n'a quitté la salle. Le préfet Burdeyron, si. Suivi des membres du CDEN.
Ce dernier devait valider les annonces de fermetures et maintiens de classes en Charente à la rentrée prochaine. Un sujet sensible, s'il en est. Une carte scolaire qui s'annonçait moins « catastrophique » selon le syndicat des enseignants UNSA, avec une dotation de trois postes qui rompt avec les suppressions des années précédentes. Sans toutefois lever les inquiétudes des parents, des enseignants et des syndicats qui réclament une réflexion globale sur la carte scolaire.
Sud Ouest.fr