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Hubert Podevin - août 2007
Projections de population à l’horizon 2030
La région Poitou-Charentes devrait compter 1 870 000 habitants en 2030. L’essentiel de cette hausse proviendrait d’un excédent migratoire, car dès la fin de la décennie actuelle, le nombre de décès deviendrait supérieur au nombre de naissances. Plus d’un habitant sur trois aurait plus de 60 ans. Cependant, cet accroissement de population ne devrait concerner que les départements de la Vienne et de la Charente-Maritime. La population des Deux-Sèvres resterait stable et celle de la Charente diminuerait.
| 2005 | Poids dans la région (en %) | 2030 | Poids dans la région (en %) | Evolution 2030/2005 (en %) | |
|---|---|---|---|---|---|
| Charente | 343 000 | 20,2 | 333 000 | 17,8 | - 3,0 |
| Charente-Maritime | 591 000 | 34,8 | 697 000 | 37,3 | 18,0 |
| Deux-Sèvres | 351 000 | 20,6 | 352 000 | 18,8 | 0,2 |
| Vienne | 415 000 | 24,4 | 486 000 | 26,0 | 16,9 |
| Poitou-Charentes | 1 700 000 | 100,0 | 1 868 000 | 100,0 | 9,8 |
| Source : Insee (Estimations localisées de population, modèle Omphale) | |||||
Entre 1999 et 2005, le département de Charente a connu une légère attractivité migratoire, ce qui n’était pas le cas entre 1990 et 1999. Sa population a donc progressé alors qu’elle diminuait légèrement auparavant. Selon le scénario central de projection, celle-ci devrait se poursuivre jusqu’en 2030 : entre 300 et 500 nouveaux habitants continueraient ainsi à venir s’installer tous les ans en Charente. Ce solde migratoire positif compensait jusqu’à présent l’excédent des décès sur les naissances, permettant une augmentation du nombre d’habitants dans le département. Or, à partir de 2009-2010, cet excédent migratoire ne suffira plus à contrebalancer le déficit naturel, le vieillissement de la population entraînant une forte hausse des décès. Ce déficit naturel évoluerait ainsi de - 200 en 2005 à - 1 200 en 2030, largement supérieur à l’excédent migratoire. Et la population de Charente déclinerait jusqu’à atteindre 333 000 habitants en 2030, soit une baisse de - 3,0 % du nombre d’habitants. Ainsi, bien que demeurant attractif, le département de la Charente se retrouverait en 2030 à un niveau équivalent à celui de 1968.

Le département de Charente-Maritime est le département le plus dynamique de Poitou-Charentes. Sa population a augmenté en moyenne de + 6 000 habitants par an depuis 1999. C’est essentiellement son attractivité migratoire qui alimente cette augmentation puisque le nombre de décès y dépasse déjà le nombre de naissances. Selon la projection centrale, ce déficit naturel, qui atteint déjà - 200 en 2005, devrait s’aggraver tout au long de la période et, en 2030, le département devrait compter 1 200 décès de plus que de naissances. En revanche, le département continuerait à bénéficier d’un apport migratoire important. Entre 5 700 et 5 900 habitants de plus viendraient s’installer chaque année dans le département, soit l’essentiel des arrivées dans la région : deux nouveaux arrivants en Poitou-Charentes sur trois s’installeraient en Charente-Maritime.

Selon le scénario central, la population de la Charente-Maritime devrait continuer à croître sous l’effet de ce flux migratoire, jusqu’à dépasser 697 000 habitants à l’horizon 2030, soit plus de 100 000 habitants supplémentaires par rapport à 2005. La population augmenterait ainsi de + 18 % en 25 ans. Le poids du département dans la population régionale devrait progresser de deux points et passer à plus de 37 %.
En revanche, si toute migration devait cesser en Charente-Maritime (scénario « sans migration »), la population baisserait et le département ne compterait plus qu’un peu plus de 560 000 habitants en 2030, soit un déficit de près de 140 000 habitants par rapport au scénario central.
Entre 1999 et 2005, les Deux-Sèvres ont connu à la fois un solde migratoire et un solde naturel positif. La population du département a donc augmenté alors que lors de la période 1990-1999 elle avait légèrement diminué : le solde naturel, positif, ne compensait pas le déficit migratoire. Cependant, selon le scénario central de projection, l’excédent migratoire devrait s’étioler tout au long de la période et en 2030, on ne compterait plus que 200 à 250 nouveaux arrivants annuels contre 500 en 2005. Le solde naturel devrait lui aussi diminuer, le vieillissement de la population amenant un nombre de plus en plus important de décès. Ceux-ci deviendraient plus nombreux que les naissances vers 2010. Ensuite le solde naturel continuerait à décroître et en 2030, il atteindrait - 700. Le solde migratoire ne suffirait plus à compenser le déficit naturel dès 2015. Jusqu’à cette date, la population devrait augmenter, sous l’effet d’un solde migratoire et d’un solde naturel positifs jusqu’en 2010, puis sous l’effet du seul jeu des migrations jusqu’en 2015. À cette date, la population devrait dépasser 356 000 habitants. Ensuite, la population des Deux-Sèvres devrait décroître, le déficit naturel devenant trop important. En 2030, selon le scénario central, la population deuxsévrienne devrait être légèrement inférieure à 352 000 habitants, soit un niveau équivalent à celui de 2005.

Le département de la Vienne, grâce à l’expansion de la capitale régionale, concilie une bonne attractivité et un solde naturel largement positif. Selon les projections ce sont entre 2 300 et 2 500 nouveaux arrivants qui viennent s’installer chaque année dans la Vienne. Notons néanmoins que dans un département tel que la Vienne, la présence d’universités génère des flux importants d’entrées et de sorties d’étudiants. L’outil de projection peut avoir tendance à minimiser les sorties et ainsi à surestimer la population restant sur place après les études. Le nombre de naissances est largement supérieur au nombre de décès, même si cet excédent devrait s’amoindrir en fin de période. L’écart entre naissances et décès est ainsi de 800 en 2005, puis, la population vieillissant, il devrait diminuer et s’établir à un peu plus de 300 vers 2030. Sous l’effet conjoint de ces soldes, migratoire et naturel, positifs, la population ne devrait cesser d’augmenter sur la période. À l’horizon 2030, le scénario central prévoit 486 000 habitants, soit une hausse de population de + 17 % par rapport à 2005.

Enquête sur le développement de Confolens (2002)
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