Vendez, vendez!» Le conseil, plus que chuchoté, a plané mercredi soir au-dessus de l'assemblée des élus de la communauté de communes du Confolentais (CCC). En quelques minutes, le sort de ce qui avait failli être, au début du siècle, le projet touristique phare de la collectivité, a été scellé. En vente depuis plus de deux ans, après avoir été stoppé en 2004 dans l'espoir de trouver un gestionnaire, le bâtiment principal de ce projet d'hôtellerie sur plusieurs sites à Saint-Germain-de-Confolens et Lessac semble avoir trouvé preneur. Les élus avaient proposition d'acquisition pour 220.000€. Une offre émanant d'un investisseur anglais qui souhaiterait y faire des gîtes. Une première offre avait été faite, à 250.000€. «Il a découvert que cette maison était inondable» a expliqué sans rire, Guy Traumat.
Le débat n'a pas été long et personne n'a tiqué. La CCC devrait, dans l'histoire, faire une opération blanche. Même si des subventions ont dû, du fait de l'abandon du projet, être remboursées, et que d'autres le seront. Ce que confirme Roland Lhomme, vice-président qui a l'œil sur les finances. Ce projet, dont la partie engagée s'élève à 400.000€ environ estime-t-il, avait été largement aidé. Pas d'abstention, pas de vote contre. L'acte devrait donc se signer rapidement.
Un deuxième acquéreur
Ironie du sort, alors que la collectivité traîne cette ancienne tannerie du XVIIe comme un boulet depuis plusieurs années, un autre acheteur se serait fait connaître à la mairie de Saint-Germain, en début de semaine. Guy Traumat a promis de donner suite. Nombreux sont ses collègues, prudents, l'enjoignant de conclure au plus vite. Le projet ayant fait traverser à la communauté des moments de tensions, voire d'affrontements.
Le hasard a voulu, mercredi soir, qu'en enterrant un projet communautaire, les élus en célèbrent un autre. Ces derniers se sont exceptionnellement réunis dans la salle polyvalente de «La Maison des mille et une couleurs», nom du centre d'hébergement pour handicapés mentaux vieillissant dans le bourg d'Abzac. Une construction superbe, qui accueillera début août d'abord les cadres de l'établissement. La trentaine de membres du personnel suivra mi août et les pensionnaires début septembre. L'Adapei, locataire des lieux, a commencé à s'installer… et à payer son loyer. «Les quarante places sont déjà réservées. Il y a déjà une liste d'attente», a annoncé Guy Traumat, avant de tirer son chapeau à Noël de l'Hermite, l'ancien maire d'Abzac, initiateur du projet, qui a guidé les élus. Tous avaient été accueillis par son successeur, François Weller, qui a lui aussi salué la «pugnacité de l'élu et de son équipe.» Les élus se sont penchés ensuite sur les points financiers du dossier. Le budget total, de 4 millions d'euros, a été tenu.
Début des travaux à l'abattoir. La rénovation débute. Un dossier capital pour le centre d'abattage de Charente limousine qui, s'il n'est pas aux normes fin 2009, devra fermer
La zone d'Esse à l'eau. Le projet de créer une zone d'activités à Esse est stoppé face à l'opposition des bâtiments de France. La zone se trouverait dans le périmètre de protection. Un refus qui a fait râler. «C'est bien d'avoir un beau paysage, mais si demain il n'y a personne pour le regarder» a protesté Roland Telmar, maire d'Oradour-Fanais. L'autre zone communautaire, celle de Terre-Neuve sur 11ha, est, elle, terminée. Reste à trouver preneurs pour les lots.
Désengagement de l'Etat. La communauté de communes a pris deux décisions qui symbolisent bien le désengagement de l'État. La première est d'offrir une pré-étude à toutes les communes qui se lanceraient dans un projet de rénovation de bourg. Un accompagnement et un conseil assurés autrefois par la direction départementale de l'Equipement, se sont souvenu bien des élus. La collectivité a aussi envisagé de se doter d'un parc de panneaux de signalisation que les communes pourraient emprunter lors de travaux sur leur territoire respectif. Un service que leur rendait aussi autrefois la DDE…
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