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LYCEENS CITOYENS
Aux cris de «BTS supprimé, lycée menacé!», 300 étudiants et lycéens ont défilé hier après-midi à Confolens, promenant leur colère et leurs craintes depuis le lycée Emile-Roux jusqu'à la sous-préfecture, où ils ont été reçus, et à la mairie. Le lycée avait été bloqué dès le matin à partir de 8 heures.
Surgissant du cortège, plusieurs banderoles résumaient leur inquiétude: la menace de suppression de la section BTS «comptabilité et gestion des organisations» (CGO). On est loin, là, des mots d'ordre nationaux. Déjà menacé en 2001, puis en 2004, le BTS CGO de Confolens fait partie d'une vaste réflexion, au niveau académique. L'objectif, la réorganisation d'une filière dont les différentes sections ne font pas le plein.
«Il y a un nombre important de places vacantes, indique-t-on au rectorat. De l'ordre d'une cinquantaine de places, selon certaines sources. Notre souci, à l'échelle de l'académie, est de voir comment optimiser les moyens.» Dans cette logique, les deux lycées de Confolens et de Civray se retrouvent mis en concurrence. Ils représentent à eux deux, «l'équivalent d'une seule division» estime le rectorat avant d'assurer que «rien n'est tranché. La décision sera prise en mars.»
Un BTS déjà menacé deux fois
Cette incertitude a fait bondir les élèves dont certains s'étaient déjà mobilisés il y a trois ans. Lycéens à l'époque, aujourd'hui étudiants en BTS. Et satisfaits d'avoir trouvé une filière au sein de leur établissement. «On en a ras-le-bol. Tous les deux ou trois ans, c'est la même chose» peste Audrey Pelletan, une des étudiantes qui a pris en main le mouvement. Pour les élèves, la menace qui pèse sur la section pourrait, à terme, être fatale à l'établissement. Comptant 513 élèves le lycée perdrait, avec les BTS, trente et un étudiants. Et les moyens qui vont avec. «Si le BTS ferme, le lycée risque de fermer... comme tout à Confolens» soupirent les élèves, qui ont en mémoire l'annonce récente de la fermeture du tribunal.
La réunion, hier matin, avec la direction de l'établissement, ne les a pas rassurés. Le proviseur, Mario Bodin, ne cachait pas son agacement alors «qu'aucune décision n'a été prise. Il faut laisser les instances travailler» estime-t-il. «J'ai donné les indices (ndlr: aux services du rectorat) pour dire que notre BTS fonctionne bien» poursuit-il. «On pense qu'on a des arguments à faire valoir d'une autre façon», ajoute son adjoint, Pascal Maillou.