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Madeleine NGOMBET Avec énergie, volonté, justice, solidarité et enthousiasme, agissons ensemble pour Confolens demain. confolens2008@orange.fr

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Le LARZAC en Charente Limousine (Suite ou Epilogue)

Par Madeleine NGOMBET :: 08/07/2008 à 15:40 :: Actualite locale

 

 

Une soixantaine de gendarmes déloge les occupants du Chêne
 
 
 
 
Une soixantaine de gendarmes a délogé les huit occupants de la ferme du Chêne à Ansac ce lundi matin.
 
Aux alentours de 6 heures, les forces de l'ordre sont arrivées sur lieux de la ferme occupée depuis le 7 juin dernier. Pris de cours par l'intervention, les occupants n'ont opposé aucune résistance. Ils n'ont même pas eu le temps de s'enchaîner à des pieux de béton comme il l'avaient prévu.

Un peu plus d'une heure plus tard, ils étaient partis, emmenant avec eux leurs effets personnels et leurs animaux. Peu de personnes sont venues apporter leur soutien aux occupants. La chaîne téléphonique qu'ils avaient tenté de mettre sur pied n'a pas fonctionné. Le maire d'Ansac est tout de même venu prêter main forte vers 8h30 mais les forces de l'ordre ne lui ont pas permis d'accéder au site.

Après leur départ, les occupants se sont ensuite installés sur un terrain situé sur la commune d'Alloue appartenant à Virginie Filleul et Laurent Fouquet, deux des trois occupants originels de la ferme du Chêne.
Du côté de la préfecture, on se félicite du bon déroulement de l'intervention.

 

Charentelibre.com

 

 


Le LARZAC en Charente Limousine (Suite du feuilleton)

Par Madeleine NGOMBET :: 02/07/2008 à 15:47 :: Actualite locale

 

 

Le LARZAC en Charente Limousine (Suite du feuilleton)

 

 

 

Ils avaient du soutien dans la salle des pas perdus du tribunal d'Angoulême. Les 3 occupants de la ferme du Chêne à Ansac ont au moins acquis l'agrément de la population d'Ansac. Depuis le 7 juin, ils ont pris leurs quartiers dans cette propriété appartenant à Edisit. La société a un projet de centre d'enfouissement. Pour l'instant bloqué par le plan d'occupation des sols de la commune. Hier, Edisit a demandé, en référé, au tribunal d'Angoulême, d'ordonner l'expulsion de squatteurs.
Dans la salle d'audience, Stéphane Lagarde, le directeur d'Edisit en Charente semblait bien seul, entouré de son avocate et du président de la société de chasse titulaire d'un bail pour taquiner le gibier sur le terrain. En face, des membres de la confédération paysanne, des voisins et des opposants au projet étaient en rang serré pour tenter de légitimer la présence de ces cinq jeunes agriculteurs.
Entre fermeté et apaisement, le juge des référés a choisi, dans cette affaire de l'occupation de la ferme d'Ansac-sur-Vienne, la seconde solution. Par son ordonnance, il donne raison à la société Edisit, propriétaire de la ferme, et à ses locataires, une association de chasseurs. La décision impose à Virginie Filleul, Laurent Fouquet et Hervé Legrand, qui ont pris possession des lieux il y a douze jours, de quitter la ferme d'ici huit jours (jeudi prochain) sous peine d'une expulsion, «avec le concours de la force publique si besoin est» précise l'ordonnance déposée au greffe.
À compter de cette date, les trois agriculteurs devront payer une astreinte provisoire de 300 euros par jour de retard. Leur demande d'autorisation de procéder aux récoltes des parcelles qu'ils ont déjà ensemencées a, par ailleurs, été rejetée.
Une procédure complexe
Depuis le début du conflit, les jeunes fermiers et leur avocate, Me Courtin, mettent en avant l'article L125-1 du code rural qui permet d'occuper des terres agricoles non exploitées depuis plus de trois ans. L'ordonnance d'hier précise que cet article impose une procédure administrative complexe que les occupants n'ont pas respectée. A savoir prévenir en tout premier lieu le préfet qui se charge ensuite d'avertir le président du conseil général, lui-même devant reconnaître l'état d'inculture des terres.
«C'est une décision très satisfaisante. La justice reconnaît le droit essentiel de la propriété. Et elle respecte la partie adverse puisqu'elle lui accorde un délai de huit jours», s'est réjouie Me Robin-Roques, avocate d'Edisit et des chasseurs. Qui n'a cependant pas vu ses demandes acceptées: elle réclamait une expulsion sous une heure et une astreinte de 1.000 euros par jour.
Venus au tribunal accompagnés de quelques collègues fermiers, les trois occupants ont pris la décision avec calme. «C'est un peu décevant. Plein de choses n'ont pas été prises en compte, en particulier le projet mené par Edisit d'installation d'un centre d'enfouissement de déchets», a réagi Laurent Fouquet. Lui et ses «néo-colocataires» ont décidé de rester pendant les huit jours. «De toute façon, nous allons en discuter, nous avons une semaine pour nous décider», poursuit-il. Et après? «On ne sait pas encore. Nous ne sommes pas très riches, mais ce n'est pas une question d'argent. C'est une question de conviction et de respect des gens et de la terre.»

 

La réaction des occupants de la ferme du Chêne à Ansac-sur-Vienne ne s'est pas fait attendre. Jeudi soir s'est tenue une réunion publique qui a regroupé une cinquantaine de personnes. Et c'est hier en fin d'après-midi que la décision a été prise: non seulement Virginie Filleul, Laurent Fouquet et Hervé Legrand resteront au-delà des huit jours autorisés par la loi (voir CL d'hier), mais ils appellent à «une mobilisation massive pacifiste du site» à partir du 25 juin. Ils ont également prévu la création d'un comité de soutien dans les jours à venir. Pascal Laurent, porte-parole de la section charentaise de la Confédération paysanne, soutient la démarche: «Ce sont des gens qui veulent travailler et qui s'engagent à respecter les usages locaux. Il semble naturel que des terres agricoles non exploitées servent pour l'agriculture.» A titre personnel, il ne garantit pas sa présence assidue sur le site: «Ce n'est pas évident. Je suis producteur ovin, et mes exploitations demandent beaucoup de travail en ce moment. J'apporte mon soutien moral, et le comité départemental soutiendra les acteurs dans la mesure du possible.»

«C'est l'été. Ça peut devenir un grand terrain de camping ici.» Le ton est donné. La réflexion émane d'un adhérent de la Confédération paysanne. Hier encore, comme ce militant, ils ont été plusieurs dizaines à soutenir les trois occupants de la ferme du Chêne à Ansac (1), alors que le délai accordé par la justice pour qu'ils quittent les lieux expire ce soir jeudi (lire CL du 20 juin).

Virginie Filleul, Laurent Fouquet et Hervé Legrand sont clairs: pas question de partir. Depuis quelques jours ils ont annoncé la couleur, appelant à une occupation massive et pacifiste des lieux. Hier, à l'occasion d'une conférence de presse sur place qui a bien moins mobilisé qu'il y a deux semaines, ils en ont précisé les contours, annonçant avoir fait appel de la décision de justice. D'ores et déjà, ils ont prévu d'organiser, les 18, 19 et 20 juillet prochain, un festival de théâtre et de musique. Des troupes ont déjà été contactées. Différentes animations autour des activités agricoles de la ferme devraient s'ajouter au programme, de même qu'une restauration. Bio, bien sûr.

Des points «incompréhensibles»

Ce festival a vocation à être un moment marquant de l'occupation du site. Les trois occupants, déjà rejoints par des amis, attendent beaucoup de la journée de vendredi et de l'arrivée d'autres sympathisants. Déjà, les soutiens locaux se sont renforcés. C'est le cas de la Confédération paysanne, à leurs côtés depuis le départ. Pascal Laurent, son porte-parole en Charente, a annoncé que le mouvement allait recevoir le soutien des instances régionales et nationales de l'organisation.

Les occupants ont aussi multiplié les mails, les courriers et les appels en direction du monde politique. En plus des maires du secteur qui soutiennent l'occupation de ces terres agricoles, les occupants ont affirmé hier devant leur public avoir reçu le soutien du député Jérôme Lambert. Ils ont réaffirmé à la fois leurs valeurs et ont justifié leur action, soulevant plusieurs points «incompréhensibles», estiment-ils, du dossier. Alors qu'Edisit affirme avoir cessé depuis quatre ans de travailler sur un projet de centre d'enfouissement à cet endroit, «pourquoi ne pas laisser les gens faire de l'agriculture dessus», s'interrogent-ils notamment. «On n'est pas là pour squatter. Ce qu'on veut, c'est travailler, gagner notre vie, ne pas dépendre d'aides de l'Etat», ont-ils répété.

Tous trois ont déjà débuté leurs activités agricoles: production de blé pour un boulanger bio, de plantes aromatiques et médicinales, production de fromages de chèvre, élevage de poules pondeuses. Ils ont annoncé hier qu'un apiculteur allait se joindre à eux. Un maraîcher et un éleveur de brebis allaitantes seraient sur les rangs. Une trentaine d'hectares, sur les soixante-cinq du domaine, sont déjà utilisés.

Les sympathisants concrétiseront leur participation à l'occupation pacifique en les aidant à remettre en valeur le lieu, et en état les bâtiments. Le projet d'une ferme pédagogique a aussi été évoqué, de même que la création d'une association pour soutenir les projets qui verraient le jour sur la ferme, qu'ils soient agricoles, culturels ou concernant les méthodes alternatives pour le traitement des déchets. «Il y a beaucoup de gens qui comprennent ce qu'on fait, qui sont d'accord avec ce qu'on fait. Plus on sera nombreux, mieux ça sera. Vendredi matin, les CRS peuvent être là», n'a pas oublié Virginie Filleul.

Une extrémité à laquelle ne voudrait pas arriver Pascal Laurent. Le porte-parole de la Confédération paysanne a appelé à l'organisation d'une table ronde avec tous les acteurs. «Il faut qu'on en parle avant que les choses s'enveniment», estime-t-il. Il pourrait y avoir urgence.

 
Philippe ANDREOULIS pour la Charente libre
 
 
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