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L’intercommunalité, plus de pouvoirs et plus d’opacité

Par Madeleine NGOMBET :: 19/04/2008 à 9:17 :: Général

 

 

L’intercommunalité, plus de pouvoirs et plus d’opacité

 
 
 
 
Elections municipales, troisième tour. Et pas le plus facile. Vendredi, les communes ont achevé la constitution de leurs assemblées intercommunales avec élection du président. Opération parfois douloureuse.
 
 
A Marseille, le socialiste Eugène Caselli est arrivé à la tête de cette communauté urbaine de droite par le miracle du vote à bulletins secrets. La chasse aux «traîtres» a immédiatement commencé dans les rangs de l’UMP locale, comme elle avait eu lieu sept ans plus tôt au sein de la droite girondine, qui avait vécu le même psychodrame pour la présidence de la communauté urbaine de Bordeaux.
Telle est la vie démocratique des intercommunalités : contestable.
 
 En 1992, quand l’intercommunalité concernait 235 communes, tout le monde s’en moquait. Depuis les fortes incitations de la loi Chevènement de 1999, elle est devenue le fait archimajoritaire : 90 % des habitants vivent dans une communauté de communes, regroupement le moins contraignant et fréquent en milieu rural, ou dans une communauté d’agglomération, plus intégrée et plus urbaine.
Quatorze communautés urbaines, plus anciennes, ont été les pionnières du mouvement.
 
Les 3 000 communes encore solitaires rejoindront pour la plupart des groupements existants, même s’il faut admettre «l’inévitable persistance de "villages gaulois"», comme l’écrit l’Assemblée des communautés de France (ADCF).

Tandis que les intercommunalités progressent et que leurs compétences s’élargissent (urbanisme, développement économique et souvent aussi habitat, voirie, déchets), leur déficit démocratique apparaît de plus en plus criant. Obligation de parité : zéro. Représentation de l’opposition : optionnelle. Et élection du puissant président dans un deuxième temps, par les délégués des communes.

Le socialiste Jean-Pierre Balligand, vice-président de l’ADCF, avait proposé son élection au suffrage universel direct. Trop hardi sans doute. L’ADCF demande qu’au minimum les futurs délégués soient signalés aux électeurs sur les listes qui se présentent aux municipales. De sorte que le citoyen sache qu’il vote pour les deux. Et que certaines têtes de listes visent plus haut que la mairie.

 
QUOTIDIEN Libération : samedi 19 avril 2008
 
 
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