Pas d'enrichissement personnel

Pas d'enrichissement personnel, pas de «prise illégale d'intérêt», pas de détournements. Tout le monde en a convenu, y compris Jean-Pierre Mathias, actuel maire et ancien adjoint qui a découvert le pot-aux-roses au cours d'un intérim d'été, en recevant une facture impayée qu'il croyait réglée. Il était partie civile à l'audience d'hier, pour la commune. «On pensait que tout allait bien, que les finances étaient saines. On n'a jamais été tenus au courant.»

L'ex-maire, lui, joue sur les mots. «Je ne l'ai pas vraiment caché.» Le président Chinour embraye: «Vous ne l'avez pas dit...» Michel Noble: «Je regrette ma maladresse.» Le président: «Et puis un manque de communication...» Michel Noble: «Je n'ai pas d'explication rationnelle.»

Mais un trou à combler. Des projets engagés et des subventions espérées qui ne sont pas venues. Des dysfonctionnements à la mairie. «Cela vient peut-être d'une mauvaise gestion», envisage le maire actuel. «Un conseil municipal, c'est une équipe. On ne se croyait pas endettés. Maintenant on est super endettés», enrage celui qui est désormais contraint à sérieusement serrer les boulons. «Il n'a rien inventé, mais tout le monde en pâtit», résume Lionel Béthune, avocat de la commune qui réclame 60.000 euros de dommages-intérêts.

«Il a privatisé la démocratie»

Une explication, Sébastien Piffeteau, le procureur, en a une aussi. «Il s'est approprié le suffrage universel, a privatisé la démocratie à cause de sa suffisance.» Comme un écran de fumée pour ne pas avouer ses erreurs. Au président: «La démocratie que vous représentez va sanctionner celui qui a trahi la démocratie.» Pour le «symbole», c'est un mois avec sursis.

Sauf que pour Caroline Brochet, l'avocate de Michel Noble qui sait que dans les petites communes tout repose sur le maire, il faudrait qu'il y ait une intention frauduleuse. «La situation s'est dégradée en 2005. Le conseil le savait.» Il y avait surtout «une fronde municipale, un adjoint qui avait déjà des velléités d'être maire, un climat délétère». «Des élus informés mais une attitude passive, un désintérêt. Le conseil municipal s'en fichait et laissait le maire prendre les décisions fastidieuses.» Et pour appuyer sa demande de relaxe de l'ancien maire, l'avocate a surtout estimé qu'il n'y avait pas de dommages. «Sauf peut-être une commune qui a eu les yeux plus gros que le ventre.» Et de toute manière, ce serait «une faute détachable du service». Celle de la commune. Pas du maire. Décision le 30 juin.

Charentelibre.com, jeudi 18 juin 2009