A l'unanimité moins une voix, celle de Laurent Périllaud, les délégués de la communauté de communes de Ruffec ont refusé tout net le plan proposé par la gendarmerie pour la construction d'une nouvelle caserne à Ruffec. Il s'agit de remplacer l'actuelle gendarmerie du boulevard Pinoteau, qui n'est plus adaptée à la situation depuis longtemps, par un bâtiment capable de loger et de faire travailler trente-cinq personnes dont vingt-cinq gendarmes.
L'affaire n'est pas nouvelle puisque la gendarmerie a déjà acquis un terrain sur Ruffec pour une telle réalisation en... 2002. Le projet vient de revenir sur le tapis avec la proposition que le colonel Mariez, au nom de la gendarmerie nationale, vient de faire au maire de Ruffec. Le militaire a d'abord prévenu l'élu que le ministère de la Défense ne voulait plus prendre directement en charge cette réalisation, préférant la confier à une collectivité publique. Le colonel s'est donc tourné vers la ville de Ruffec pour lui proposer d'assumer ce chantier évalué à plus de quatre millions et demi d'euros. En contrepartie, la gendarmerie s'engage à signer un bail de location de neuf ans et à verser un loyer annuel de 276.000 euros pour occuper le futur site.
Pour mettre la pression aux élus, le ministère précise que «le maintien de la gendarmerie sur Ruffec nécessiterait la construction d'une nouvelle caserne d'ici trois ans». En clair, ou vous acceptez et vite, ou vous risquez de perdre vos gendarmes.
Les élus ruffécois ont fait leurs calculs: au bout des neuf ans, il restera un solde coquet de plus d'un million d'euros. «Nous n'avons pas suffisamment de garanties pour accepter cette proposition. Si les gendarmes quittent Ruffec au bout de neuf ans, on fait quoi?», commente Bernard Charbonneau, le maire de Ruffec, qui a refilé le bébé à la communauté de communes. Cette dernière avait le sujet à l'ordre du jour de sa dernière réunion, mercredi soir.
«Scandale», «chantage»
La proposition de l'Armée a fait bondir de nombreux élus, dont le maire de Taizé-Aizie. Marcel Picaud n'a pas hésité à parler de «scandale» et de «chantage», approuvé par une bonne partie de l'assistance. «On nous laisse entendre que si on ne s'exécute pas, on nous enlèvera les gendarmes. Mais si le ministère n'a pas d'argent, qu'il garde donc l'actuel bâtiment. Ce n'est pas à nous de payer.»
Pierre Poux, délégué de Bioussac, s'emporte à son tour: «On va peut-être nous demander aussi de payer les uniformes, on nous prend pour des imbéciles.» Laurent Périllaud, le délégué de Condac, en appelle toutefois à la prudence: «Ce serait dommage de ne pas mettre tous les atouts de notre côté. Plutôt que refuser, faisons une contre-proposition, par exemple avec un bail plus long, d'au moins quinze ans», suggère celui qui avait affronté en vain Bernard Charbonneau à la présidence de la CDC l'an passé.
Un autre délégué propose de renvoyer la gendarmerie vers un promoteur privé, à l'image de ce qui vient de se passer à Confolens; un autre encore d'alerter les députés de la Charente. Finalement, le président de la CDC retient l'idée de la contre-proposition: «On sait qu'on risque de perdre nos gendarmes un jour mais si on peut les garder encore un peu, ce serait bien.» En attendant, la proposition du ministère est clairement rejetée et rendez-vous sera pris avec le colonel pour négocier. Le vieux dossier «gendarmerie» n'a pas fini de faire couler de l'encre à Ruffec.
Charentelibre.com Edition du vendredi 23 janvier 2009
On ne se pose pas les mêmes questions à Confolens!!!
Et pourtant la situation est la même.
Allez, si tout le monde est content de payer, alors!!!




Et si le Gouvernement réalisait une vraie réforme démocratique en modifiant le seuil de l'élection à la proportionnelle des communes de France? C'est du moins une proposition qu'Alain Marleix, Secrétaire d'Etat à l'Intérieur a mis au débat à l'occasion d'une réunion de travail sur la réforme territoriale, au Ministère de l'Interieur.